«Nous travaillons sur la human analysis pour mieux comprendre nos interlocuteurs»

La technologie au service de la société et abordée de manière interdisciplinaire: tel est l’objectif poursuivi par Omar Abou Khaled, co-fondateur de l’institut HumanTech qui a – entre autres – développé l’application Ra&D de la HEIA-FR. 

Le parcours académique d’Omar Abou Khaled débute avec des études en informatique: «Les années ’90, c’était l’époque de la victoire de l’ordinateur DeepBlue aux échecs: cela nous faisait rêver!» se souvient le chercheur. Avant de nuancer: «Mais l’être humain ne peut et ne doit pas être remplacé par l’intelligence artificielle. Les utilisateurs doivent être conscients de ce que la technologie peut leur offrir et choisir ce qu’ils lui demandent.»

C’est lors de son travail de doctorat que naît sa passion pour l’univers de la recherche appliquée. «J’ai eu beaucoup de chance, car j’ai pu valider mes résultats théoriques sur le terrain», raconte-t-il. Dans le but d’offrir cette même expérience à d’autres futurs chercheurs, il fait ainsi ses premiers pas dans le réseau HES-SO en tant que conseiller à l’internationale, d’abord pour la HEIA-FR et ensuite pour la HES-SO. «L’école a d’abord fait confiance à la personne, et ensuite au projet. Nous avons créé le premier laboratoire d’accueil des doctorants au sein de la HES-SO Fribourg (Laboratoire MISG – précurseur de HumanTech). Tous ont énormément apprécié de pouvoir effectuer leur thèse dans notre laboratoire. Aujourd’hui, vingt ans après, et grâce au soutien de nos collègues de l’Université de Fribourg, nous en avons déjà diplômé une vingtaine. C’est une démarche innovante que notre école a opérée.»

«J’ai toujours souhaité mettre la technologie au service de l’humain et de son bien-être», explique le chercheur. Une technologie dont le rôle soulève aujourd’hui beaucoup de questions sur la liberté de l’homme et son libre arbitre. «Ce sont des thématiques qui touchent aussi aux sphères de la spiritualité et de l’éthique, voire de la philosophie», souligne-t-il avec beaucoup d’engagement.

Et Omar Abou Khaled d’ajouter: «J’ai eu récemment un entretien fascinant avec Mgr Morerod, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, au sujet de la place des robots dans notre société future et de son implication pour l’Église.»

«Aujourd’hui, l’informatique est l’un des piliers de l’évolution de la société.» D’autre part, «un ingénieur en informatique ne peut pas changer la société à lui seul. Mais l’interaction de divers champs d’investigation peut porter à de réelles innovations.» Ses nombreux projets pluridisciplinaires se développent ainsi dans le terrain fertile qu’est le réseau HES-SO fribourgeois.

Omar Abou Khaled a par exemple participé à des projets visant à créer un programme de prévention pour rendre plus attractif un mode de vie sain. «Qu’est-ce qui intéresse la plupart des adolescents, de nos jours? Les jeux vidéo! Alors, nous avons créé un jeu dans lequel c’est en mangeant des fruits et des légumes que le personnage gagne le plus de vie(s).» Un projet plus complexe que l’on ne pourrait imaginer: «Nous avons travaillé avec des nutritionnistes et intégré les habitudes alimentaires liées aux différentes cultures.»

En collaboration avec des chercheurs de la HETS-FR, il est parvenu à développer des serious games pour aider les personnes atteintes de trisomie 21 à prévenir les dangers de la vie quotidienne. Et encore: avec les chercheurs de la HEdS-FR et du centre de simulation, il a conçu une «chambre des erreurs» en réalité virtuelle pour les étudiants infirmiers.

Également très impliqué dans sa mission d’enseignant, en 2021 Omar Abou Khaled approfondira le concept de classe inversée: «Le confinement actuel a balayé les idées reçues sur l’enseignement. Et j’ai remarqué que, maintenant, les étudiants arrivent toujours préparés à nos rendez-vous. Si chacun joue le jeu pour que les notions importantes soient acquises en amont, nous pourrons profiter des moments de présentiel pour les approfondir de manière interactive. N’oublions pas que notre rôle est d’accompagner et de conseiller nos étudiants, et non pas de leur transmettre de l’information.»

Répertoire des compétences HES-SO

10 juin 2020
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