Qui fait fonctionner l'école en situation de confinement ?

Olivier Monney

Olivier Monney

Olivier Monney

Responsable du service technique

"J'ai eu l’impression d’être un prisonnier de luxe."

Comment avez-vous vécu le confinement sur le plan personnel ?

Ça s’est bien passé. Ce confinement m’a rappelé une époque où mes filles étaient petites - elles ont maintenant 14 et 16 ans - et où je me rendais tous les midis manger à la maison. J’ai trouvé très chouette de passer du temps avec elles et ma femme.

Travailler depuis la maison

Avant le confinement, je m’étais renseigné pour faire du télétravail. Après l'expérience actuelle, je constate que c’est faisable. J’envisage de continuer à travailler en partie à distance pour la réalisation de certaines tâches. Sans compter que la contrainte des trajets disparaît. Cela dit, l’échange en vrai m’a manqué. Je suis plus pour la communication en présentiel que par visioconférence, mais il y a quand même de bon côté à cela ; TEAMS évite des déplacements et permet d’être plus structuré dans l’échange.

Pendant le confinement, j’ai eu l’impression d’être un prisonnier de luxe, confiné dans une agréable maison à la campagne avec ma famille, bénéficiant d'un grand espace extérieur.

Des loisirs allégés

J’ai pu continuer à pratiquer mes loisirs, mais différemment. J’ai l’habitude de faire des randonnées, y compris à ski avec des amis. Afin d’éviter de surcharger les hôpitaux, j’ai arrêté les activités en montagne engagées pour les remplacer par de la course à pied ou des randonnées sans risques. Je fais aussi du VTT. Là aussi, j’ai privilégié les courtes balades aux longues distances en montagne.

Comment s’est déroulé le confinement au niveau professionnel ?

Après des horaires allégés dans un premier temps, j’ai travaillé deux jours sur site et trois jours à la maison.

Depuis début juin, les collaborateurs du service technique ont repris leurs activités à plein temps sur site. Pour toutes les tâches d’organisation et de gestion, je peux continuer à travailler depuis la maison. Il s’est agi de préparer le retour des étudiant-e-s le 8 juin.

Quelles mesures concrètes ont été prises au niveau des bâtiments ?

Accès aux bâtiments

Au premier jour du confinement, nous avons fermé tous les bâtiments et tout s’est arrêté. Puis j’ai mis en place un service de piquet avec mon équipe. J’ai désigné un responsable par jour qui se rendait sur place en cas de problème. Pour ma part, j’ai continué mon travail d’organisation et de gestion du service. À mes tâches habituelles, s’est ajouté l’ouverture des portes - à distance - pour permettre la livraison et la réception du courrier ainsi que des colis.

Au fur et à mesure de la reprise de certaines activités, les collaborateurs et collaboratrices ont eu la possibilité d’entrer à la HEIA-FR avec leur badge, moyennant autorisation de la direction de la HES-SO Fribourg. Par contre, tous les badges des étudiant-e-s sont restés bloqués.

Un bâtiment à écouter

Dès le début, je me suis rendu deux jours par semaine sur site. Les bâtiments de la HEIA-FR nécessitent une présence régulière en raison de certaines installations spécifiques comme le chauffage, la climatisation des locaux d’informatique, etc. J’ai pour habitude d’écouter le bâtiment. Une différence de bruit peut signifier un problème. Alors pendant le confinement, je me suis régulièrement rendu sur place pour vérifier que tout fonctionnait correctement.

Nettoyages adaptés

Pendant l’utilisation restreinte du bâtiment, le nettoyage a eu lieu mais de manière allégée. Puis en vue du retour d’une partie du personnel et des étudiant-e-s, nous avons augmenté la quantité de nettoyage et de désinfection.

Préparer la « rentrée » du 8 juin

Depuis que le retour des étudiant-e-s et d’une partie du personnel au 8 juin a été décidé, en collaboration avec la direction et le service de santé et sécurité de la HES-SO Fribourg, nous avons préparé la réouverture avec la mise en place d’infrastructures spécifiques.

Nous avons fabriqué en interne des distributeurs de gel désinfectant placés notamment aux entrées des bâtiments de la HEIA-FR ainsi que chez nos collègues de la HEG, HEDS et HETS. Chaque salle de classe a été reconfigurée afin de respecter les normes de distanciation. Comme le restaurant ouvre à nouveau ses portes au 8 juin, pour les étudiant-e-s et le personnel, nous avons restructuré son occupation en enlevant du mobilier. De 450 places, il accueille désormais 120 personnes au maximum.

Des savons ont été ajoutés à tous les lavabos, des distributeurs de gel hydroalcoolique ont été disposés à différents endroits et des sprays désinfectants pour surfaces de travail ont été mis à disposition du personnel. Des protections en plexiglas ou autres matériaux ont été installées à la réception, à la reprographie, à la bibliothèque, au helpdesk informatique, au restaurant ainsi que dans les bureaux ne permettant pas garder les distances recommandées.

Télétravail envisagé

Pour la suite, je constate que l’on peut réellement faire du télétravail et il y a la possibilité d’être autant voire plus efficace depuis la maison.

Florence Meyer

Florence Meyer

Florence Meyer

Responsable du service académique

"Ces derniers mois nous ont vraiment fait sortir de notre routine. C’est un vrai challenge professionnel et personnel."

Comment avez-vous vécu le confinement sur le plan personnel ?

À la maison, il a fallu coordonner nos emplois du temps afin de faire du télétravail et garder les enfants. Nous avons dû définir de nouvelles « règles » afin de pouvoir travailler dans les meilleures conditions sans pour autant empêcher les autres personnes de vivre. Nous avons rapidement pris nos marques et su nous coordonner. Mes enfants sont également devenus beaucoup plus autonomes.

Je trouve qu’il est toutefois plus difficile de déconnecter. Il n’y a pas de coupure entre le bureau et la maison et c’est tentant de « vite » se reconnecter pour avancer quelque chose que j’ai en tête.

Le télétravail me plaît mais l’ambiance à la HEIA-FR, les échanges avec les collègues, croiser les étudiants dans les couloirs et tout simplement la vie à l’école et au bureau me manquent.

Comment s’est déroulé le confinement au niveau professionnel ?

Chaque membre du service avait déjà un ordinateur portable et l’habitude de gérer ses tâches selon différents jours de travail et sur des sites parfois différents. Le télétravail n’a donc pas été trop compliqué à mettre en place et pour tous les ajustements, le service informatique a été très réactif.

Nos délais, nos procédures, nos réponses types et toute l’organisation et la planification des tâches du service ont été chamboulés. Tout ce qui est connu est à revoir et il nous faut être très flexibles.

Une équipe soudée

Dans le service, ce qui est encore plus important avec la distance, est la communication et la transmission d’informations. Les outils à disposition tels que Teams, WeDo, Jabber, etc. sont précieux afin de coordonner les tâches et garder le contact. Le fait d’avoir une équipe soudée, qui s’entraide et qui maîtrise son travail et les outils sont de réels avantages.

Malgré la charge de travail et l’inconnue, c’est vraiment motivant de voir que tout le monde fait le maximum et met plein d’énergie afin que tout se passe pour le mieux dans l’école.

Quelles mesures concrètes ont été prises pour garantir la continuité des admissions ?

Beaucoup de questions de candidat-e-s

Depuis 2018, les inscriptions se font totalement en ligne ce qui a grandement facilité la gestion des admissions à distance. Nous avons seulement dû adapter nos courriers d’admission en courriels. Nous recevons également beaucoup de demandes de la part des futurs candidats. Que se passe-t-il avec un stage interrompu en raison du coronavirus ? Est-ce que la rentrée va avoir lieu ? Peut-on s’inscrire si l’école est fermée? Est-ce que ma maturité est reconnue ? Est-ce que l’examen d’admission va avoir lieu et quand ? etc.

Nous n’avons pas forcément la réponse immédiat et la recherche de l’information peut prendre du temps. Bien que les délais de réponse soient plus longs et que les demandes aient augmenté, les candidats se montrent généralement très compréhensifs et nous recevons de nombreux remerciements. C’est d’autant plus motivant de voir nos efforts reconnus.

Délai d’admission prolongé

Les délais d’admission ont également été prolongés ce qui implique que nous allons analyser des dossiers d’inscriptions plus longtemps mais également préparer l’immatriculation et la rentrée en moins de temps, avec des listes de nouveaux étudiants qui évoluent et avec des contraintes sanitaires encore inconnues pour septembre.  

L’admission des étudiants n’étant qu’une partie de nos activités, nous devons également gérer en parallèle les tâches qui concernent la fin de semestre, la fin des études, la rentrée 2020, la formation continue, etc. et toutes les modifications et nouveautés que la situation actuelle apporte.

Ces derniers mois nous ont vraiment fait sortir de notre routine. C’est un vrai challenge professionnel et personnel.

Daniel Plaschy

Daniel Plaschy

Daniel Plaschy

Chef du service informatique de la HES-SO Fribourg

"Encore impensable en début d'année, l'enseignement à distance a pris forme et tout a fonctionné ce fameux lundi 23 mars."

Comment avez-vous vécu le confinement sur le plan personnel ?

Vivant dans une maison avec jardin, aux abords de Lausanne, sans la charge d'enfants scolarisés, les miens ayant quitté le berceau familial depuis un certain temps déjà, l'idée de devoir travailler depuis la maison n'était de prime abord pas déroutante.

Une nouvelle routine

Une fois la nouvelle situation apprivoisée, une routine s'est vite installée. Réveil vers 6h30, café, petit tour dehors avec le chien, mise en route du PC et début de la première séance avec Teams... Les journées finissent régulièrement vers 19h et vendredi semble arriver plus vite qu'avant. Durant les week-ends, des travaux dans le jardin et des rangements du galetas ont contribué à ce que les semaines passent à vitesse grand V. Les multiples échanges avec mes collaborateurs et mon supérieur, bien que virtuels, m'ont fait garder bon moral et m'ont permis d'apporter de l'énergie aussi à ma compagne qui partageait avec moi à cette nouvelle expérience.

Après maintenant plus de deux mois dans ce nouveau mode de fonctionnement, je pense même à changer quelque peu mon futur rythme de présence au bureau.

Comment s’est déroulé le confinement au niveau professionnel ?

Ce qui m'a surpris le plus avec tout ça, c'est que nous avons avancé à pas de géant au niveau de la digitalisation. En l'espace d'une semaine, tout le monde s'y est mis. Encore impensable en début d'année, l'enseignement à distance a pris forme et tout a fonctionné ce fameux lundi 23 mars.

Côté informatique nous étions prêts. J'avais déjà lancé un projet qui avait comme but de mettre à disposition courant 2020 l'environnement Office 365 avec Teams à l'ensemble des étudiants et des collaborateurs, professeurs y compris.

Grâce à la plateforme pour la formation Cyberlearn, tout s'est mis en place très rapidement. Après les premières semaines où les techniciens du ServiceDesk et de l'exploitation ont eu fort à faire, la routine est revenue et nous avons heureusement pu reprendre les activités et tâches habituelles pour continuer à assurer le fonctionnement de nos infrastructures informatiques.

Quelles mesures concrètes ont été prises pour garantir le télétravail à large échelle ?

Ce qui a nous a aidé, c'était d'avoir déjà pratiqué le télétravail au sein de notre service. Cela nous a permis de communiquer les bonnes pratiques tout de suite. Notre site d’information interne SINFO et le portail du Service Desk fournissaient déjà les informations utiles. Des améliorations de l'infrastructure de Moodle la semaine avant le début des cours à distance ont grandement contribué à ce qu'il n'y ait pas de problème de performance, malgré les milliers de connexions observées durant tout le confinement.

Encore un grand MERCI à toute l'équipe d'exploitation !

Marc-Adrien Schnetzer

Marc-Adrien Schnetzer

Marc-Adrien Schnetzer

Directeur adjoint, directeur enseignement

"Chacune et chacun retient ce que l’on gagne avec les outils numériques, mais voyons aussi ce que l’on perd. La lourdeur des demi-jours de réunions Teams casque vissé sur la tête, c’est aussi le quotidien de nos étudiants."

Comment avez-vous vécu le confinement sur le plan privé ?

Mon expérience des dernières semaines s’est bien passée puisque j’ai pu travailler la plupart du temps isolé dans un bureau, dans le cadre du programme de continuité. Je n’ai croisé personne en trois semaines. Bien que cet isolement intellectuel me convienne assez bien pour certains dossiers, je supporte difficilement le casque aux oreilles pendant 4 heures de suite.

En fin de journée, il m’est arrivé de proposer mon aide à mon père, lui évitant ainsi des sorties risquées. En famille, j’ai coaché l’une de mes filles pour l’école, en révisant au passage la conjugaison, l’histoire suisse et le système digestif.

En semaine, la charge de travail est intense, mon temps libre s’est ainsi approché de zéro. Comme dans ces conditions, il est encore plus difficile de s’arrêter et de séparer travail et vie familiale, il était d’autant plus important de décrocher le week-end, pour partir en randonnée et se retrouver en famille.

Comment s’est déroulé le confinement au niveau professionnel ?

Assurer la suite pour nos étudiants

Dès le premier jour, la quasi-totalité de mon temps de travail est consacré à organiser et communiquer, avec mes collègues, la suite du programme pour les étudiants. Il est important pour nous de garder contact avec les étudiants et les enseignants, parfois même directement. Mais le hasard des rencontres dans un espace convivial n’est plus de mise. Nous devons tout faire pour que nos étudiants puissent continuer dans leur progression et qu’ils et elles ne décalent pas, dans la mesure du possible, la fin de leurs études.

Nous utilisons souvent l’expression de « continuité pédagogique » lorsque l’on évoque le passage à l’enseignement à distance, mais dans la réalité, celle-ci est à nuancer en fonction des conditions de chacune et chacun. Enseigner ne s’arrête pas à la maîtrise de quelques outils. J’ai pu m’entretenir avec quelques étudiants sur ce thème, tous ont salué les efforts entrepris par les collègues.

Communiquer, tout un art

La communication des décisions qui concernent l’école reste particulièrement compliquée puisque les textes formels généraux, qui concernent toute la HES-SO, sont publiés par le Rectorat, après consultation dans les écoles. A cela s’ajoute les caractéristiques propres aux écoles d’ingénieurs. Au début du mois de mai, en concertation avec mes collègues des autres écoles, nous avons proposé des scénarios pour la fin du semestre. Il a fallu attendre la décision rectorale et celle du domaine pour communiquer aux étudiants et enseignants. C’était un moment de tension maximale. A deux occasions, j’ai passé plus d’un après-midi et le début de soirée sur la seule communication qu’on allait faire aux étudiants et enseignants.

Je transmets ici un immense merci et toute ma reconnaissance à Florence Meyer, responsable du service académique, à mes collègues responsables de filière et à la direction pour la collaboration étroite, nécessaire dans ces situations.

Préparer le retour des étudiants

Dans le cadre du plan de continuité, avec Nina May, assistante de direction ainsi qu’avec la direction, nous avons lancé un sondage auprès des étudiants et du personnel, pour en savoir plus sur le quotidien de cette situation inédite.

J’ai aussi passablement travaillé avec le service technique et Dominique Mooser, responsable santé et sécurité des personnes, qui font un travail formidable. Préparer des salles de classe respectant les mesures de distanciation, pour environ 1000 étudiants qui viennent passer des évaluations, c’est toute une histoire. Il faut qu’au retour, tout soit prêt.

Le service académique a aussi dû répondre à de nombreuses préoccupations des étudiants, tout en préparant la prochaine rentrée. Enfin, après l’annulation du forum des apprentis et des portes ouvertes, nous devons trouver d’autres moyens d’entrer en contact avec les candidats aux études.

Un œil vers la suite

Dans les temps morts, en marge des discussions, j’imagine la suite : comment transformer l’exposition des travaux de diplôme ? La prochaine rentrée sera-t-elle normale ? La remise des diplômes aura-t-elle lieu ? Prévoirons-nous à mi-septembre une partie d’enseignement à distance ? Ou pourrons-nous reprendre les bonnes habitudes ? Les prochains mois nous le diront. Il nous faudra très probablement nous adapter à de nouvelles situations. Mettre en pratique ce que l’on exige de nos futurs ingénieurs. Chacune et chacun retient ce que l’on gagne avec les outils numériques, mais voyons aussi ce que l’on perd. La lourdeur des demi-jours de réunions Teams casque vissé sur la tête, c’est aussi le quotidien de nos étudiants. A garder en mémoire à l’heure du bilan.  

Jochen Vonlanthen

Jochen Vonlanthen

Jochen Vonlanthen

Responsable du service des finances

"Réorganiser les activités du service a été un projet intéressant à mener. Et c’est positif de constater que ça fonctionne même si l’on est organisé de manière décentralisée."

Comment avez-vous vécu le confinement sur le plan privé ?

Par chance, j’ai déménagé le 1er mars, juste avant le confinement. Je n’ai pas pu faire les derniers achats mais je suis bien installé.

Le plus difficile pour moi a été l’arrêt du sport. Je joue au football et tous les entrainements ont été annulés, je ne vois donc plus mes amis. Je suis aussi privé de mon habitude d’aller voir des matchs de foot de superleague ou leagues régionales. Même les matchs de foot à la télévision ont disparu. Tout ceci laisse beaucoup de temps libre.

Mon nouveau hobby est devenu un objet ressorti de la cave : le puzzle ! J’en suis à mon quatrième.

Un grand avantage du confinement, c’est l’économie de temps sur les déplacements professionnels. Je gagne une heure par jour.

Une autre chose qui a changé depuis le confinement est que je fais les courses pour mes parents. Ils ont la septantaine et font partie des personnes à risque. Ceci me permet de les voir une fois par semaine, ce qui est plus régulièrement qu’avant. C’est un plaisir pour moi de rendre ce service.

Comment avez-vous vécu le confinement au niveau professionnel ?

Notre but était d’assurer les travaux journaliers : le traitement des factures à payer et l’envoi des factures à nos débiteurs. La problématique existante était l’équipement. Les collaboratrices du service ont pris les ordinateurs fixes du bureau à la maison car il n’y avait pas d’ordinateurs portables à disposition. Le problème est que personne n’était équipé pour l’impression et le scannage des documents. Pour cette raison, nous avons obtenu l’autorisation de passages ponctuels au bureau.

Quelles mesures concrètes ont été prises ?

Il a fallu coordonner les passages pour que personne ne se rencontre au bureau. Quatre jours par semaine, un membre du service se rend sur place pour imprimer ou scanner des documents mais pas pour passer une journée de travail. Evidemment la désinfection des mains et la distanciation sont respectés.

Le traitement des factures

Concrètement, une facture qui arrive doit être scannée et codifiée au bureau. Elle est ensuite transmise à la personne qui la saisit depuis la maison dans le système comptable et effectue le paiement. Le fait de ne pas nous retrouver tous au bureau a occasionné des temps de traitement plus longs. Avant le confinement, une facture était traitée en une semaine. En confinement, ce temps peut aller jusqu’à deux semaines.

Dans mon équipe, quelqu’un fait partie des personnes à risque. Elle a donc effectué tout son travail depuis la maison.

Concernant les apprenti-e-s qui ont besoin d’être coaché dans leur travail, nous avons décidé qu’ils et elles resteraient à la maison sans travailler. Ceci leur a permis de se concentrer sur les cours à distance. Par conséquent, une personne de mon service a dû reprendre les tâches effectuées par les apprenti-e-s et c’est moi !

Des tâches en suspens

Nous n’avons pas pu réaliser toutes les tâches du service. Le classement des documents par exemple n’a pas pu être fait. Des piles de documents attendent le déconfinement pour être classés.

Parmi les autres tâches, la révision analytique de PWC a pu être réalisée à distance. Par contre, la révision cantonale pour la comptabilité financière a dû être repoussée en mai dans le respect des normes de sécurité.

Enfin, un bilan intermédiaire pour la HES-SO Fribourg et pour l’Etat de Fribourg est normalement réalisé fin avril. Le bilan pour l’Etat de Fribourg a été annulé mais l’information à l’interne pour la HES-SO Fribourg a été maintenu. En effet, il est important que la direction générale connaisse les conséquences financières du confinement. Par exemple, la production par notre école de gel hydroalcoolique a occasionné des coûts alors que d’autres frais comme les déplacements, les inscriptions aux conférences ont été annulés.

En conclusion, réorganiser les activités du service a été un projet intéressant à mener. Et c’est positif de constater que ça fonctionne même si l’on est organisé de manière décentralisée.

Lucie Tornay, Lucie Tornay, maître d’enseignement de physique et de mathématiques

Lucie Tornay, Lucie Tornay, maître d’enseignement de physique et de mathématiques

Lucie Tornay

Maître d’enseignement de physique et de mathématiques

"C’était un challenge de se mettre à l’enseignement à distance. Et cela m’a amusé d’apprendre à concevoir ces vidéos."

Comment avez-vous vécu le confinement sur le plan privé ?

J’ai bien vécu ce semi-confinement dans son ensemble car j’ai pu continuer à me ressourcer dans la nature. Cependant le contact avec mes proches m’a manqué.

Un grand changement pour moi a été l’économie des trajets depuis mon lieu d’habitation, le Valais, jusqu’à mon lieu de travail, Fribourg : gain de temps et moins de fatigue. J’ai pu mettre à profit ce temps économisé pour la préparation de mes cours à distance.

Comment avez-vous vécu le confinement au niveau professionnel ?

Dans l’ensemble tout s’est bien passé.

La première semaine a été de la folie. Comme il a fallu revoir complètement la manière d’enseigner, les trois ou quatre premières semaines ont été extrêmement chargées.

J’ai mis en place un système d’enseignement qui m’a demandé beaucoup d’adaptations, en particulier le temps consacré à la création, au traitement et à la diffusion de mes vidéos.

L’importance des collègues

Un point très positif a été l’entraide entre collègues par le biais de la plateforme Teams. Beaucoup d’échanges ont eu lieu les premières semaines. C’était super ! Chacun a expliqué quel système il avait mis en place avec quels avantages et inconvénients, permettant ainsi de faire bénéficier les autres de son expérience.

Ensuite l’habituelle pause de 9h50 a été maintenue dans plusieurs filières de manière à garder le contact entre collègues. Pour ce qui est des branches d’enseignement avec mes collègues directs nous nous sommes donnés des nouvelles régulièrement sur l’avancement de notre enseignement. Ces échanges fonctionnent encore vraiment très bien.

Apprivoiser l’inconnu

D’un point de vue professionnel, ce qui était difficile était de ne pas savoir exactement où l’on allait et comment la situation allait évoluer. Je me suis donc fixé comme objectif de progresser de semaine en semaine. Ainsi, j’ai bien vécu l’inconnu, sans inquiétude.

Quelles mesures concrètes ont été prises pour garantir un enseignement le plus qualitatif possible ?

Cours de maths en capsules vidéo

Pour les mathématiques, j’ai mis en place un système de capsules vidéo. J’ai disposé mon téléphone portable en hauteur et je filme ma main qui écrit sur une page blanche tout en donnant les explications par oral. La durée moyenne des vidéos est de 10 minutes. Théorie et exemples sont expliqués dans des vidéos séparées. Je mets aussi à disposition une photo de la feuille finale pour, entre autres, une minorité d’étudiants qui n’ont pas besoin de suivre l’explication et gagnent ainsi du temps. Certains étudiants m’ont même aidé à améliorer mes vidéos ! Je les en remercie !

La physique en Power Point sonorisées

Pour le cours de physique, je fais des diapositives Power Point sonorisées. Je peux ainsi diffuser beaucoup d’images et sur chaque diapositive, j’enregistre un petit commentaire audio.

Au niveau de la qualité du cours, celui de physique perd en qualité car les expériences ne sont plus possibles, même si des liens d’expériences sur YouTube sont mis à disposition. Par contre, aussi selon les retours, le cours de mathématiques n’a pas perdu en qualité.

Une fois réalisées, ces vidéos sont déposées sur la plateforme Cyberlearn. Des forums de discussion ont été mis en place pour recenser les questions sur la théorie et les exercices, cela permet alors de diffuser les réponses à toute la classe. Je suis aussi disponible par e-mail.

Salle de classe irremplaçable

Par contre, il me manque le contact en live avec les étudiants, contrairement à certains collègues qui enseignent par vidéoconférence. Apparemment, l’enseignement à distance à la HEIA-FR se fait en partie par vidéoconférences, et en partie au moyen de vidéos.

De plus j’ai fait un sondage pour savoir à quel point cette situation convenait aux étudiants. Quand bien même les cours pris séparément peuvent convenir, le résultat montre que l’enseignement à distance ne convient pas pour quasiment 80% des étudiants. Ils préfèrent se rendre en classe.

J’ai aussi constaté qu’un quart des étudiants par classe ne donnent plus de nouvelles. Certains ont dit vouloir refaire le semestre car travailler seul depuis la maison, sans cadre, s’était avéré trop difficile.

Au final, c’était un challenge de se mettre à l’enseignement à distance. Et cela m’a amusé d’apprendre à concevoir ces vidéos.

Cours de mathématiques à distance

Cours de mathématiques à distance

Dominique Mooser en confinement

Dominique Mooser en confinement

Dominique Mooser

Responsable santé et sécurité des personnes HES-SO Fribourg

"Il y a encore beaucoup à faire."

Comment avez-vous vécu le confinement sur le plan privé ?

Du jour au lendemain, la vie active s’est trouvée bouleversée par les mesures du Conseil fédéral : fermeture des Hautes écoles et obligation de rester chez soi. Le télétravail et la présence familiale (femme et enfants) appellent un peu d’organisation, mais ça va, nous avons chacun une pièce pour travailler et chacun doit réapprendre à vivre en mode confinement.

Comment avez-vous vécu le confinement au niveau professionnel ?

Il est clair que l’organisation de mes tâches professionnelles a été bouleversée. J’ai dû changer de manière radicale mon mode de fonctionnement et l’on n’est jamais assez préparé.

Séances de travail à distance, organisation logistique de la fabrication et du conditionnement de gel hydroalcoolique et organe cantonal de conduite sont devenus mon quotidien.

La HES-SO Fribourg a été mise à contribution pour la gestion de cette crise au niveau cantonal, sur le plan du personnel et des infrastructures. 

Quelles mesures concrètes ont été prises pour garantir la sécurité du personnel et des étudiant-e-s ?

Dès le début du confinement, nous avons activé la cellule de crise de la HES-SO Fribourg. Cela fait maintenant plusieurs années qu'elle existe au sein des Hautes écoles et nous voulions cette année faire un exercice d’alarme ; nous avons été servis !

Nous devons nous adapter de manière continue à l’évolution de la pandémie, essayer d’anticiper les mesures à prendre au niveau sécuritaire, tout en tenant compte des missions d’enseignement et de recherche.

Nous avons élaboré un plan de pandémie qui regroupe les fonctions essentielles des Hautes écoles, sur le plan humain, celui des installations critiques, etc.

La collaboration avec les membres de cette cellule est excellente.

Reprise des activités sur site

Actuellement des plans de reprise d’activités et de protection sont en cours d’élaboration. 

Il y a déjà quelques personnes clefs au fonctionnement de l’école qui peuvent se rendre sur site avec une autorisations spéciale.

Dès le 8 juin, il y aura des examens en présentiel dans le respect des normes de sécurité. Certains étudiant-e-s qui travaillent dans les laboratoires et ateliers pour leurs travaux de Bachelor seront aussi sur place.

Enfin, je collabore avec le responsable du service technique pour savoir comment nous pouvons accueillir le personnel pour un retour à partir du 8 juin, tout en gardant le télétravail. Dans les bureaux de 3 ou 4 personnes, les distances ne pourront pas être respectées, c’est pourquoi nous cherchons des solutions comme le travail en alternance. La nouvelle organisation demandera de la flexibilité.

Il y a encore beaucoup à faire.

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