Depuis 2015, Olivier Vorlet est professeur associé à l’institut ChemTech. Ses projets de recherche s’inscrivent dans des domaines variés, de l’œnologie à l’analyse de produits pharmaceutiques, en passant par le développement de systèmes de filtration en maïs.

Au cours de l’année, Olivier Vorlet fêtera ses 22 ans en tant que collaborateur de la HEIA-FR. En termes d’années de service, cela fait de lui le doyen de l’institut ChemTech. En réalité, son histoire avec l’école commence en 1995 déjà, lorsqu’il la rejoint en tant qu’étudiant. «Mon parcours est assez atypique car j’ai opté pour la voie pratique. Une fois mon école obligatoire terminée, j’ai effectué un apprentissage de laborant en chimie au sein de l’entreprise Ciba-Geigy, à Marly, où se trouve actuellement le site du Marly Innovation Center (MIC). Après cette première formation, j’ai rejoint l’Ecole d’ingénieurs de Fribourg en 1995 pour y effectuer le diplôme d’Ingénieur ETS en chimie».

Après trois ans passés sur les bancs de l’école, Olivier Vorlet rejoint le camp des collaborateurs. «J’ai terminé ma formation en 1998. L’année d’après, l’école m’a engagé comme assistant. J’ai ensuite effectué quelques remplacements, avant de devenir chargé de cours, et finalement professeur associé, en 2015».

Au sein de l’institut ChemTech, Olivier Vorlet est spécialiste de tout ce qui a trait, de près ou de loin, aux technologies informatiques pour les chimistes. Dans cet esprit, il dispense plusieurs cours d’automatisation, de programmation, de métrologie ainsi que leur mise en application en laboratoires de chimie industrielle.

Ses projets en tant que chercheur poursuivent les réflexions commencées dans le cadre de ses cours. «Je m’intéresse globalement au développement de prototypes pour les besoins de la recherche», précise Olivier Vorlet. «Le projet principal qui m’occupe actuellement est le développement d’un appareil d’analyse pour le contrôle qualité des médicaments, destiné aux pays émergents. De tels appareils existent déjà, mais ils coûtent très cher. On parle de CHF 50'000.- à CHF 100'000.- pour une seule pièce, ce qui est une dépense considérable. Avec Pharmhelp, nous avons réussi à développer un prototype dix fois moins cher, dont le prix se situe aux alentours de CHF 5'000.-, et qui consomme, en outre, nettement moins de ressources. Dans le cadre de ce projet, je m’intéresse principalement au développement de tout ce qui est technique, électronique et informatique».

Ce prototype innovant permet aux laboratoires de contrôle qualité de différents pays tels que le Cambodge, le Sénégal ou le Congo, de lutter efficacement contre la vente de médicaments de mauvaise qualité ou de contrefaçons. Pour mener à bien ce projet, Olivier Vorlet est accompagné de différents collaborateurs issus de la HEIA-FR, de l’Université de Genève et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Fait remarquable, il est financé par l’association Pharmhelp, une ONG fondée en 2007 par un ancien professeur de l’école, Claude Rohrbasser, dont le but est de récolter des fonds pour financer le développement et l’implantation du prototype dans les pays émergents.

En parallèle, Olivier Vorlet participe à de nombreux autres projets. Parmi ces derniers, le Wine Contractor, supervisé par Julien Ducruet, dont l’objectif était d’ajuster la teneur en oxygène du vin lors de sa mise en bouteille. Dans une perspective de développement durable, le chercheur a également travaillé au développement d’un filtre biosourcé en tiges de maïs, susceptible de réduire considérablement les émissions d’ammoniac issues de l’élevage animal.

À l’avenir, Olivier Vorlet souhaiterait développer davantage le caractère open source de ses recherches. «Le concept open source délivre l’objet de sa propriété intellectuelle», précise le chercheur. Dans le cadre du projet Pharmhelp, cela signifie que les plans du prototype sont libres de droits. En d’autres termes, chaque laboratoire, chaque université peut les télécharger gratuitement et construire son propre prototype, poursuivant ainsi son optimisation. Ces collaborations indirectes, permises par l’open source encouragent et développent la lutte contre la prolifération de faux médicaments ou de médicaments de mauvaise qualité en pays émergents.

26 février 2021
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