La récente présentation à blueFACTORY du projet Téléopération – opération à distance de véhicules autonomes –, a connu un grand succès médiatique et a mis en valeur les qualités du programme SwissMoves réunissant plusieurs instituts de la HEIA-FR. Ce programme réunit la HEIA-FR, la HEG-FR, l’UniFr, ainsi que les entreprises TPF et CertX, dans le but de développer des solutions innovantes en transports et mobilité. Roland Scherwey y est fortement impliqué, comme responsable de l’institut iSIS depuis 2015.

En 2013, le regretté Wolfram Luithardt – décédé en 2017 dans un accident d’avion – avait posé les premières pierres de l’institut iSIS et donné l’impulsion de la création de ROSAS. En 2013, il engageait Roland Scherwey, qui lui succéda à la tête de l’institut en 2015.

Pour Roland Scherwey, il s’agissait d’un retour au bercail. Il avait en effet obtenu son diplôme d’ingénieur en électronique et télécommunications en 1992 à Fribourg. Entre la fin de sa formation et son retour, Roland Scherwey a successivement travaillé pendant deux ans et demi pour ABB, dans le domaine du hardware, du firmware et du software, pendant deux ans et demi pour Saia Burgess – aujourd’hui Johnson Electric – et pendant 15 ans pour Ascom Energy Systems. «J’ai vécu des années passionnantes chez Ascom. Au début, je faisais partie d’un groupe de trois ingénieurs, puis j’ai dirigé 15 personnes. Nous gérions les contrôleurs des centres de télécommunication qui étaient arrivés en bout de vie du point de vue technologique. Nous avons développé hardware, firmware et SW d’une nouvelle génération de contrôleurs, des périphériques d’entrées/sorties et des redresseurs.»

En 2004, l’entreprise est achetée par le groupe taïwanais Delta. Roland Scherwey pilote des projets internationaux en Inde. «La découverte des différences culturelles, dans le domaine de la technologie, était fascinante. En Suisse, nous essayons d’optimiser les ressources mais nous ne sommes pas très regardants sur le matériel. C’est tout le contraire en Inde, où la main-d’œuvre est beaucoup moins chère. Nous avons appris que l’on ne pouvait pas proposer la qualité suisse – trop de qualité, trop de protection – au marché indien. Personne ne veut la payer. Pour réussir à vendre nos produits, nous devions les adapter à la réalité locale.» Un responsable Ra&D de Taïwan fait comprendre à Roland Scherwey la notion de: «The right product for the right market». Un autre enfonce le clou:  «Ce qui compte, m’a-t-il dit, ce sont les trois «c»: cost, cost et cost.»

En 2013, Taïwan veut rapatrier les compétences dans le pays et Roland Scherwey forme des collaboratrices et collaborateurs taïwanais de l’entreprise. «Je n’avais aucune intention de partir à Taïwan et, comme j’aimais transmettre des connaissances, je me suis dit que, tant qu’à former des gens, je pouvais le faire en Suisse.» Un poste était ouvert à la HEIA-FR. Il postule.

Les systèmes embarqués sont l’une des spécialités d’iSIS. «Nous avons des compétences dans toute la chaîne, de l’acquisition des données à leur traitement, en passant par l’électronique et l’informatique pour la réalisation d’application exploitant les données.» En collaboration avec ROSAS, l’institut est très actif dans la sécurité, dans le domaine de la «safety» – comment je protège l’humain de la machine – et de la «cyber security» – comment je protège la machine de l’humain.

Les compétences d’iSIS sont parfaitement en phase avec l’automatisation des systèmes de transports au cœur des activités de ROSAS et de Swissmoves. L’évolution de la mobilité booste fortement les activités de l’institut. «C’est un domaine qui évolue très rapidement et qui nécessite de la vitesse, sinon on est vite dépassé. Il y a un intérêt très fort pour ces questions et nous avons des compétences et des partenaires que nous pouvons mettre en valeur dans ce secteur».

Parallèlement à son engagement à la tête d’iSIS, Roland Scherwey poursuit des projets de recherche personnels. Il conduit entre autres le développement d’un système de mesure intégré dans des modules de commutation pour l’industrie ferroviaire. Il s’intéresse au stress des composants, en situation réelle, pour favoriser la maintenance prédictive et l’optimisation des produits – encore une fois «The right product for the right market». Ces dernières années, avec des collègues, il a aussi participé au développement de nouveaux outils de «Model Based Safety Analysis» en partenariat avec Liebherr, Meggitt, Johnson Electric et BRUSA Elektronik. L’objectif est de faire de la validation précoce pour prendre en considération la fiabilité dès le début du design des produits: «Souvent, le Safety Engineering est considéré comme un processus de soutien, alors les ingénieurs de développement travail en amont des ingénieurs «safety» et ces derniers se rendent ensuite compte que les produits développés ne sont pas conformes aux exigences de «safety» et de «reliability» et qu’il est nécessaire d’adapter ou, dans le pire des cas, de recommencer le travail.»

 Il y a aussi un côté Géo Trouvetou chez Roland Scherwey. «J’ai toujours aimé bricoler des technologies à la maison. Dernièrement, je me suis dit que mon vélo électrique n’avait pas assez d’autonomie, j’ai donc créé des extensions de batteries avec mes beaux-frères, ce qui m’a permis de faire un joli tour de 222 km avec mon vélo électrique. J’ai aussi créé un système de stockage électrique chez moi. J’ai utilisé 90 anciennes cellules de batteries lithium de voitures pour stocker localement l’énergie de mon installation photovoltaïque. Ces batteries lithium, lorsqu’elles ne sont plus performantes pour l’automobile, peuvent encore être très utiles à la maison, car le niveau de stress est beaucoup moins élevé dans l’usage domestique. Si la batterie est à 70 ou 80% de sa capacité nominale, ça ne suffit plus pour la voiture, mais ça fonctionne bien à la maison.» 

Répertoire des compétences

11 août 2021
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